Vers 1650, car il faut placer ce sujet dans un contexte d'histoire de l'Orléanais, un Orléanais, capucin de son état, le père Chérubin d'Orléans, avait inventé un moyen d'écouter des conversations à distance. Il put ainsi surprendre les propos d'un camp adverse au sein de l'ordre des capucins.C'était audacieux et attentatoire à nos règles de vie, aussi étouffa-t-il son invention. Cinquante ans après, un autre Orléanais, l'abbé Jean de Hautefeuille, dit avoir redécouvert l'invention de Chérubin, mais ne révéla pas plus son secret. Bref, venons en à notre époque :  on prétendit en 2009 qu'à la Salle des Thèses des auditeurs pourraient enfin écouter l'orateur. Ah ! l'Histoire allait-elle enfin révéler ses secrets ? S'ouvrit alors une période bénie par beaucoup :

- Ceux qui n'entendaient rien furent honorés qu'on se soit occupé d'eux, même s'ils n'entendaient pas plus, d'autant qu'ils refusaient de porter le petit appareil à porter sur les oreilles pour entendre.

- Ceux qui se mettaient délibérément sur les chaises du fond, aux quelques places  où les lois de la physique font qu'on ne peut que mal entendre, pouvaient avoir le plaisir de se plaindre, à juste titre, de ne pas mieux entendre. Mais pas moins bien qu'avant ...

- Les conférenciers qui sont sûrs de leur voix n'étaient pas plus concernés qu'avant.

- Les conférenciers dont on défie quiconque de les comprendre, quel que soit le dispositif mis en oeuvre, n'étaient pas plus mal compris qu'avant. Heureusement, ils sont rares, et on ne leur dit rien pour ne pas les vexer.

- Ceux qui avaient eu le plaisir que les batteries des micros soient rechargées et l'appareil bien réglé, ont souvent pu se faire entendre. D'ailleurs, lorsqu'ils tambourinent des doigts sur la table, n'entend-on pas le son qui se répercute par le micro dans la Salle ? 

- Soyons justes : il fallut quelque temps pour mieux régler les appareils, surtout les haut-parleurs pour que la réverbération obligée des sons dans cette Salle soit minimisée ; pour que les batteries des micros soient chargées avant la conférence ; pour que le deuxième canal, qui crachottait, soit coupé ; pour, enfin, donner mauvaise conscience à ceux qui pensaient que décidément ça n'allait pas, quand on leur dit qu'un micro filaire est à leur disposition, s'ils le mettent au revers de leur veston, pas trop loin de leur voix ..

La Présidente d'honneur de la SAHO se fit un point d'honneur, à son discours de fin de son dernier mandat de présidente, d'affirmer : "quand à la sonorisation, à ma grande désolation et à la surprise de tous sans doute, je le redis: c'est entièrement de notre faute si nous ne savons pas nous en servir. Les spécialistes nous disent et redisent que c'est un excellent équipement."

Tous mes voeux de bonne écoute pour 2020  !

Le rédacteur.